Elie Wiesel. L’adieu à un survivant de l’Holocauste

Elie Wiesel. L’adieu à un survivant de l’Holocauste

Prix Nobel de la Paix, l’écrivain et philosophe est mort aux États-Unis à l’âge de 87 ans.

Né le 30 septembre 1928 à Sighet (ville située dans les Carpates au nord de la Roumanie et rattachée en 1940 à la Hongrie) au sein d’une famille juive pauvre, il est contraint de vivre dans le ghetto instauré par les Nazis avant d’être déporté à quinze ans au camp de concentration et d’extermination d’Auschwitz, où sa mère et l’une de ses soeurs sont immédiatement dirigées vers les chambres à gaz. Transféré à Buchenwald avec son père, il voit celui-ci succomber après huit mois de captivité quelques semaines avant la libération du camp par les Alliés le 11 avril 1945. Si Élie Wiesel survit à cette expérience intransmissible, il met plus de dix ans avant de pouvoir l’exprimer dans un ouvrage après y avoir été encouragé par François Mauriac, l’un de ses plus proches amis, qui le compare alors à « Lazare revenu d’entre les morts ». Son livre « La Nuit » écrit en yiddish, puis traduit en français, est publié en France en 1957 aux éditions de Minuit par Jérôme Lindon. Ce premier volume est suivi de deux autres, « L’Aube » et « Le Jour », montrant la difficile progression de la pensée de l’auteur vers la lumière.

Menant une carrière de journaliste et d’écrivain, il ne cesse plus dès lors de lutter pour que la mémoire de l’Holocauste ne sombre pas dans l’oubli mais s’engage aussi en dénonçant sans relâche l’oppression des peuples, ce qui lui vaut de recevoir le prix Nobel de la Paix en 1986. Citoyen américain depuis 1963, resté très proche de la France où il a fait ses études à la Sorbonne, il a été fait grand'croix de la Légion d’honneur en 2001. Élie Wiesel qui a créé une fondation à son nom, a également reçu la médaille d’or du Congrès américain pour son oeuvre au sein de l’Holocaust Memorial Council des États-Unis et a été fait chevalier commandeur honoraire de l’Ordre de l’Empire britannique.  

Mais même un homme de sa qualité humaine n’a pu échapper à l’hostilité et à la controverse. Son soutien inconditionnel à l’État d’Israël lui a attiré de nombreuses critiques.

Véronique Dumas

Visuel : © Nicholas Kamm/AFP

 

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