BROOKLYN

BROOKLYN

Cette jolie romance, sacrée meilleur film britannique, a été trois fois nommée aux Oscars. Sortez vos mouchoirs : les bons sentiments pleuvent, avec, comme il convient, musique celtique, une once de mélodrame, un triangle amoureux à distance, du courage, du sacrifice, de la morale, des larmes, des bonheurs qui s'épanouissent dans le très espéré happy end. Dire que le scénario est plein de surprises serait excessif.

Plus original est le cadre : l'immigration de l'Irlande rurale vers le New York des années 1950. L'exode irlandais aux États-Unis est très souvent évoqué pour le XIXe siècle ; le cavalier irlandais, bourru mais généreux, colosse au coeur d'or, est un poncif des westerns de John Ford, également auteur de L'Homme tranquille, l'Irlandais confronté au retour au pays. Or cette immigration s'est poursuivie, malgré les quotas des années 1920, tant la situation économique et politique de l'Irlande est restée dramatique jusque dans les années 1990. Le film montre les filières migratoires adaptées à ces quotas : la promesse d'un emploi est obtenue aux États-Unis par un dirigeant, prêtre catholique, de la communauté irlandaise et l'encadrement religieux est omniprésent et accepté. L'identité religieuse seule rend possible l'amour hors de la communauté : l'Italien, comme l'Irlandais, est un catholique fervent. Du coup, l'amour triomphe des préjugés. Le retour au pays ne peut être que temporaire : l'amour, la ville, le travail ont transformé Eilis, l'héroïne, en une vraie Américaine. Décors et costumes sont, comme souvent, parfaits dans une réalisation soignée.

Les passages obligés sont en fait au rendez-vous : la vision de la statue de la Liberté, l'arrivée à Ellis Island, l'adaptation difficile mais réussie à l'univers inconnu d'une immense ville, la nostalgie du pays (avec l'inévitable chanson a cappella qui fait pleurer le public), la confrontation des communautés - ici, la communauté italienne et la communauté irlandaise... America, America, d'Elia Kazan, West Side Story, de Richard Thorpe, Gangs of New-York, de Martin Scorsese ou le dessin animé Fievel et le Nouveau Monde, de Don Bluth, entre autres films, déclinent, avec tout ou partie de ces passages obligés, le thème du creuset américain à d'autres époques ou pour d'autres communautés. Ici, les tensions des années 1950 sont soigneusement lissées : les contremaîtres sont gentils et compréhensifs au travail, sur les plages Noirs et Blancs se côtoient sans difficultés, le contrôle migratoire est bienveillant parce que ce film est, avant tout, une histoire d'amour qui se finit bien...

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