Aimer à en perdre la tête

Aimer à en perdre la tête

Entre 1391 et 1425, trois femmes, épouses de trois des plus grands seigneurs de l’Italie de la Renaissance – Mantoue, Milan, Ferrare –, Agnese Visconti, Beatrice de Tende et Parisina Malatesta sont décapitées sur ordre de leurs maris pour cause d’adultère. Et contrairement aux usages du temps, l'affaire fait grand bruit. Enquête sur un mystère historique.

Dans l'Italie de la Renaissance, en général, on ne perd pas la tête pour son amant. Pourtant, entre 1391 et 1425, trois grandes dames furent décapitées sur l'ordre de leur mari pour cause d'adultère. Leur destin tragique a inspiré toute une littérature, et chacune a eu droit à un opéra. Pourquoi des princes ont-ils choisi d'étaler leur déshonneur au grand jour, dans un monde où ce sujet se règle discrètement, par le poison ou la répudiation ? C'est à une énigme fascinante que se sont attelés Élisabeth Crouzet-Pavan et Jean-Claude Maire Vigueur. Dans l'enquête qu'ils mènent tambour battant, et avec un extraordinaire brio, les auteurs retracent brièvement la vie de ces princesses de la Renaissance et mettent en lumière leur culture, leur cadre de vie et leur rôle, à la fois social, économique et politique. Cultivées et richement dotées, ces femmes ont occupé une place importante à la cour et joui d'une relative indépendance. Hélas, « indépendance » ne signifie pas « liberté », et leurs maris, en ordonnant leur exécution, ont réaffirmé de manière ostentatoire leur autorité de princes. Tout rempli d'amours criminelles, ce livre se lit comme un roman. Un régal !

Décapitées. Trois femmes dans l'Italie de la Renaissance, d'Élisabeth Crouzet-Pavan et Jean-Claude Maire Vigueur (Albin Michel, 430 p., 24 euros).

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