Jean Giono à ses frères d'armes tombés à Verdun

Jean Giono à ses frères d'armes tombés à Verdun

Dans « Refus d'obéissance » (1937), l'écrivain ressuscite ses camarades du fort de Vaux.

Je te reconnais, Devedeux, qui a été tué à côté de moi devant la batterie de l'hôpital en attaquant le fort de Vaux. Ne t'inquiète pas, je te vois. Ton front est là-bas sur cette colline posé sur le feuillage des yeuses, ta bouche est dans ce vallon. Ton oeil qui ne bouge plus se remplit de poussière dans les sables du torrent, Ton corps crevé, tes mains entortillées dans tes entrailles, est quelque part là-bas sous l'ombre, comme sous la capote que nous avons jetée sur toi parce que tu étais trop terrible à voir et que nous étions obligés de rester près de toi car la mitrailleuse égalisait le trou d'obus au ras des crêtes.

Je te reconnais, Marroi, qui as été tué à côté de moi devant la batterie de l'hôpital en attaquant le fort de Vaux. Je te vois comme si tu étais encore vivant, mais ta moustache blonde est maintenant ce champ de blé qu'on appelle le champ de Philippe. Je te reconnais, Jolivet, qui as été tué à côté de moi devant la batterie de l'hô ...

Pour lire l’intégralité de cet article
d’une marque et j’accède à l’article

En kiosque

En kiosque

En kiosque


De Charlemagne à l'âge d'or du Moyen Âge, des Segadors de 1640 à la chute de Barcelone en 1714, du Diari Catalá au stade de Monjuïc, la rivalité entre Madrid et Barcelone ressemble à un clásico politique vieux de plusieurs siècles. Un dossier pour comprendre les enjeux de l'indépendantisme catalan.

Lettre d'information

Inscrivez-vous à notre newsletter