Jean Giono à ses frères d'armes tombés à Verdun

Jean Giono à ses frères d'armes tombés à Verdun

Dans « Refus d'obéissance » (1937), l'écrivain ressuscite ses camarades du fort de Vaux.

Je te reconnais, Devedeux, qui a été tué à côté de moi devant la batterie de l'hôpital en attaquant le fort de Vaux. Ne t'inquiète pas, je te vois. Ton front est là-bas sur cette colline posé sur le feuillage des yeuses, ta bouche est dans ce vallon. Ton oeil qui ne bouge plus se remplit de poussière dans les sables du torrent, Ton corps crevé, tes mains entortillées dans tes entrailles, est quelque part là-bas sous l'ombre, comme sous la capote que nous avons jetée sur toi parce que tu étais trop terrible à voir et que nous étions obligés de rester près de toi car la mitrailleuse égalisait le trou d'obus au ras des crêtes.

Je te reconnais, Marroi, qui as é ...

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