LE CAVEAU SECRET DES SURVIVANTS

LE CAVEAU SECRET DES SURVIVANTS

« Je suis mort en août 1918. Ça va faire trente-huit ans que pour moi tout est fini », écrivait Louis Aragon en 1956. Comme lui, nombre de morts en sursis ne sont pas revenus indemnes.

Ceux qui ont échappé à la mort ont repris leur place au bureau ou à la ferme ; ils ont troqué leurs brodequins contre des pantoufles, leur fusil contre une faux, mais la guerre, même refoulée, ne manque pas de se rappeler à eux. « Le deuil indicible installe à l'intérieur du sujet un caveau secret, écrit Freud, mais il arrive que le fantôme de la crypte vienne hanter le gardien du cimetière. » Comment tourner la page d'une expérience terrifiante qui vous confronte à la mort donnée et reçue ? Louis Aragon, enseveli vivant à Couvrelles le 6 août 1918, a longtemps fait silence sur cet événement, avant de reconnaître tardivement à quel point la guerre l'a marqué et de relater cet épisode dans son oeuvre, en 1956. Auparavant, Aragon avait déjà écrit, en 1944, un roman sur la difficulté du retour des combattants à la vie civile : Aurélien . L'ouvrage raconte l'histoire d'un homme qui erre, incapable de se réadapter, de se stabiliser. Le plus curieux est encore la nostalgie qu'il ...

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De Charlemagne à l'âge d'or du Moyen Âge, des Segadors de 1640 à la chute de Barcelone en 1714, du Diari Catalá au stade de Monjuïc, la rivalité entre Madrid et Barcelone ressemble à un clásico politique vieux de plusieurs siècles. Un dossier pour comprendre les enjeux de l'indépendantisme catalan.

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