LE CAVEAU SECRET DES SURVIVANTS

LE CAVEAU SECRET DES SURVIVANTS

« Je suis mort en août 1918. Ça va faire trente-huit ans que pour moi tout est fini », écrivait Louis Aragon en 1956. Comme lui, nombre de morts en sursis ne sont pas revenus indemnes.

Ceux qui ont échappé à la mort ont repris leur place au bureau ou à la ferme ; ils ont troqué leurs brodequins contre des pantoufles, leur fusil contre une faux, mais la guerre, même refoulée, ne manque pas de se rappeler à eux. « Le deuil indicible installe à l'intérieur du sujet un caveau secret, écrit Freud, mais il arrive que le fantôme de la crypte vienne hanter le gardien du cimetière. » Comment tourner la page d'une expérience terrifiante qui vous confronte à la mort donnée et reçue ? Louis Aragon, enseveli vivant à Couvrelles le 6 août 1918, a longtemps fait silence sur cet événement, avant de reconnaître tardivement à quel point la guerre l'a marqué et de relater cet épisode dans ...

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