LE DEUIL CONFISQUÉ DES FEMMES DE DISPARUS

LE DEUIL CONFISQUÉ DES FEMMES DE DISPARUS

Pour des centaines de milliers d'épouses, la mort de l'être cher est inconcevable en l'absence de preuves tangibles. Et même, souvent, en dépit de ces preuves

Adaptant au cinéma le roman de Sébastien Japrisot Un long dimanche de fiançailles , Jean-Pierre Jeunet fait répéter cette phrase à son héroïne, comme un mantra, une façon de repousser la mort du fiancé qu'un papier officiel vient d'annoncer. Il est vivant, elle le sait. Et elle le retrouvera à force d'enquêter : amnésique, sous une autre identité. Mais tout cela n'est que cinéma et littérature. La réalité, c'est que les 300 000 soldats portés disparus de 1914 à 1918 - un chiffre ramené à 250 000 par les exhumations d'après-guerre - ne sont jamais revenus. Leurs parents, épouses et enfants n'ont jamais pu faire leur deuil.

Car « disparu », cela ne signifie pas « mort ». Pa ...

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