LES VOIX DU PASSÉ

LES VOIX DU PASSÉ

Je ne sais plus qui disait, à propos de ce que le passé marque de distance et d'opacité avec le présent, que la chose la plus difficile à surprendre chez un être disparu depuis longtemps et que l'on n'a jamais connu, c'est le son de sa voix, son phrasé, sa tessiture, son timbre, sa couleur. Laissez-moi vous entendre et je vous dirai qui vous êtes ou, mieux encore, je saurai qui vous n'êtes pas. YouTube et les enregistrements d'aujourd'hui nous ont enlevé un peu de ce mystère-là. Je me souviens de ma stupeur en écoutant pour la première fois Guillaume Apollinaire lire Le Pont Mirabeau . Il l'avait enregistré en décembre 1913, aux Archives de la parole, sur un bélinographe, l'ancêtre du télécopieur - qui vaut bien le grand « pyrogène à cheveux rouges » de l'un de ses poèmes. Avec son extraordinaire diction, lente et presque mourante, ses vers exagérément scandés, ses airs déclamatoires, j'avais eu le sentiment de m'éloigner et de me rapprocher de lui tout à la fois, de décou ...

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