Le frigidaire s'expose à Paris

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Historia propose sur son site internet un document jamais publié dans la presse grand public commenté par son conservateur. Ce mois-ci, une photographie du stand de la société frigidaire au salon des Arts ménagers de 1958.

La société Frigidaire dont nous voyons ici le stand au salon des Arts ménagers de 1958 est une filiale de l'entreprise américaine automobile General Motors. Son domaine de production est l'équipement domestique. Elle développe des gammes d'appareils de cuisson et de conservation. Ses réfrigérateurs connaîtront un tel succès en France que très vite, par antonomase, le nom de la marque désignera l'appareil lui-même dans le langage courant.

Le salon des Arts ménagers organise sa première exposition en 1923, davantage sous la forme d'un concours d'inventions que d'une exposition d'objets. À l'initiative de cet événement on trouve Jules-Louis Lebreton, sous-secrétaire d'État aux inventions du ministère de la Guerre pendant le premier conflit mondial. Devenu responsable de l'Office national des recherches scientifiques et industrielles et des inventions [l'ORNI, précurseur du Centre national de la recherche scientifique], il fait financer largement le commissariat général du salon par cet organisme qui organise des événements annuels. Selon la formule de son créateur il s'agit d'un « Salon des inventions destinées à faciliter la vie quotidienne ».

Les fils de Jules-André Lebreton seront très impliqués dans la vie du commissariat en étant chargés par leur père de sections thématiques comme l'architecture et l'habitat, voire d'autres événements tels que les Floralies dans le parc floral de Vincennes. Paul Lebreton dirigera le commissariat de 1929 à 1976.

Le salon suspendra ses activités entre 1939 et 1948. Mais dès 1945, le ministère de la Reconstruction fera appel au savoir-faire et à l'expérience du commissariat pour des événements annuels liés à la construction immobilière préfabriquée et aux équipements domestiques standardisés.

Le salon s'installe au Grand Palais en 1926. Le véritable âge d'or en termes de fréquentation est la période 1955-1960. La société de consommation prend son essor. Les albums photographiques du salon, réalisés par des photographes et des studios indépendants dès 1928, regorgent de prises de vue de stands tout aussi illuminés et présentant une telle masse de produits que l'on pourrait parler d'accumulation. Les autocuiseurs (dont les plus connus sont les Cocottes-Minute de la Société d'emboutissage de Bourgogne), les cuisinières, les premières machines à laver le linge, forment des pyramides ou de longs rubans dans la nef du Grand Palais. En 1961, le salon se déplace au Centre national des industries et des techniques [CNIT] du nouveau quartier parisien de La Défense. Au cours de la décennie suivante, le nombre de visiteurs non professionnels décline, l'attrait des nouveautés ne suffisant pas à contrebalancer la place croissante des grandes surfaces commerciales dans les pratiques de consommation des Français. Le dernier salon se tient en 1983 et le personnel du commissariat est licencié à la fin de cette année-là.

Les archives du commissariat ont été versées aux Archives nationales en 1985 en tant qu'archives publiques par le CNRS. Les reportages photographiques sont rassemblés en plus de 600 albums organisés selon les différentes thématiques des éditions des salons. Les archives administratives ainsi qu'un fonds d'affiches complètent des sources utiles non seulement à l'histoire de cette institution toujours présente dans la mémoire collective, mais également à des études bien plus larges dans les champs sociologique, voire ethnologique.
Édith Pirio
Archives nationales, département de l’Éducation, de la Culture et des Affaires sociales

Légende : Vue du stand de la société Frigidaire, salon des Arts ménagers 1958 ; Arch. nat., 19850024/57. © Archives nationales/Alain Berry.

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