Un plan de Turin de 1808

Un plan de Turin de 1808

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Ce mois ci, un plan de Turin de 1808, l’un des 1820 documents figurés recensés dans les fonds de la Secrétairerie d’État consulaire et impériale.

Après la campagne d’Italie menée sous le Directoire, puis l’annexion du Piémont et la création du département du Pô sous le Consulat, la ville de Turin se trouve parfaitement intégrée à la France sous l’Empire. À ce titre, la Liste civile, rétablie par un sénatus-consulte du 18 mai 1804 [28 floréal an XII], y est représentée par un intendant, qui y défend les intérêts du Domaine, notamment le palais impérial et les espaces qui en dépendent.

Parmi les nombreux projets d’embellissement de villes qui voient le jour sous l’Empire, l’un concerne Turin et prévoit notamment de faire des plantations sur les terrains intérieurs des fortifications, concédés à la Ville par un décret du 23 mai 1806. Cette redistribution des propriétés entre la Municipalité et la Liste civile donne lieu à de vifs débats. Le ministre de l’Intérieur, Crétet, soucieux de concilier le projet d’embellissement de la ville et la conservation des dépendances du palais impérial, relevant de la Liste civile, soumet à l’Empereur un projet de convention à l’amiable, illustré d’un plan général de la ville de Turin. Le projet et le plan sont renvoyés au Conseil d’État, qui les valide au cours de sa séance du 13 septembre 1808. L’approbation de l’Empereur, donnée à Saint-Cloud le 16 septembre 1808, clôt le dossier.

Doté d’une légende très détaillée et rehaussé d’un lavis polychrome d’une fraîcheur inouïe, ce plan a été dressé par l’ingénieur Joseph Cardon ; il est contresigné par l’ingénieur en chef Claude-Joseph La Ramée Pertinchampt, le maire Giovanni Negro et le préfet du Pô Pierre Loysel. Par ses qualités graphiques et son intérêt pour l’histoire de l’urbanisme, ce plan pourrait se suffire à lui-même. Il a pourtant valeur de pièce justificative de première importance, étant indispensable à la compréhension du rapport ministériel et de la délibération du Conseil d’État, tous deux s’y référant à maintes reprises, par la mention de lettres de la légende ou d’espaces difficilement identifiables sans la consultation du plan. On ne saurait donc être surpris de la présence de ces trois pièces dans un même dossier, soigneusement conservé en l’état depuis 1808.

Ce plan de Turin est l’un des 1820 documents figurés recensés dans les fonds de la Secrétairerie d’État consulaire et impériale. Une opération de mécénat, lancée en partenariat avec la Fondation Napoléon, permettra de financer la restauration de plus de 300 dessins, cartes et plans.

 Cécile Robin, Archives nationales, Département de l’Exécutif et du Législatif

L'Inédit du mois d'Historia est à retrouver dans les Archives nationales à la loupe

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