UN MILLION D'ORPHELINS EN QUÊTE DE REPÈRES

UN MILLION D'ORPHELINS EN QUÊTE DE REPÈRES

Les pupilles de la nation qui ont perdu leur père au front, ou des suites de leurs blessures, grandissent avec le souvenir, parfois écrasant, du défunt érigé en modèle.

Dans un cimetière militaire du nord de la France, une femme âgée a écrit ces mots, adressés au père mort au combat et qu'elle n'a pas connu : « Papa, tu m'as toujours manqué. Cela fait quatre-vingts ans que tu me manques. » Grandir sans père est un fardeau que l'on porte toute sa vie. Cette épreuve, ils sont 800 000 à la vivre au soir du 11 novembre 1918 - chiffre auquel, avec les décès prématurés dans les années qui suivent le conflit, s'ajoutent les 300 000 pères malades, gazés et blessés. En 1929, on compte 1,1 million d'orphelins de guerre : un jeune sur 12 !

Ils ne sont pas abandonnés. Pour eux, on a créé le statut de pupilles de la nation, le 27 juillet 1917. La loi a été votée à l'unanimité moins 25 voix : 25 députés de la droite cléricale qui n'acceptent pas que le ministère de l'Instruction publique soit le tuteur des orphelins, et craignent qu'ils ne soient élevés de façon laïque. Une autre question embarrasse le législateur : que faire des orphelins alsaciens-lorra ...

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De Charlemagne à l'âge d'or du Moyen Âge, des Segadors de 1640 à la chute de Barcelone en 1714, du Diari Catalá au stade de Monjuïc, la rivalité entre Madrid et Barcelone ressemble à un clásico politique vieux de plusieurs siècles. Un dossier pour comprendre les enjeux de l'indépendantisme catalan.

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